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Étude

Analyse par catégorie d'établissement

Palaces, Relais & Châteaux, éco-lodges, thalassos, montagne, Paris, campagne : les scores EcoIndex par segment.

Analyse par catégorie d'établissement

Score moyen par catégorie
Palaces & 5★
18/100
Relais & Châteaux
22/100
Éco-lodges
12/100
Thalassos & littoral
15/100
Montagne & Alpes
11/100
Paris & urbain
19/100
Campagne & vignobles
24/100

Aucune catégorie ne dépasse la note D

Palaces et hôtels 5 étoiles labellisés

C'est peut-être le paradoxe le plus saisissant de cette étude. Les établissements les plus prestigieux — ceux qui investissent le plus dans leur démarche environnementale et qui facturent les nuitées les plus élevées — affichent des scores numériques parmi les plus médiocres.

Un palace parisien, l'un des deux seuls à détenir le label Clef Verte en France, affiche un site dont le score EcoIndex tombe en dessous de 20 sur 100. Un château-hôtel Relais & Châteaux du 16e arrondissement, certifié Clef Verte et distingué par une étoile verte Michelin pour sa gastronomie responsable, n'obtient pas mieux malgré un engagement environnemental exemplaire sur le terrain.

En Provence, un domaine viticole 5 étoiles Relais & Châteaux dans le Luberon, certifié Écolabel Européen et reconnu pour son écomobilité et son vignoble bio, affiche un score similaire. Un hôtel 5 étoiles Relais & Châteaux près d'Aix-en-Provence, labellisé RSE, présente le même décalage entre excellence environnementale physique et négligence numérique.

Un Relais & Châteaux 5 étoiles et spa en Provence obtient un score de 52/100 — le « meilleur » du segment luxe, mais qui reste une note D, largement insuffisante. La page de ses villas premium pèse 16 Mo et génère 65 requêtes HTTP. Pour un établissement dont les nuitées en villa avec piscine privée dépassent 1 000 euros, chaque seconde de chargement supplémentaire est un risque direct de perdre une réservation au profit de Booking.com.

Le premier palace de France certifié Écolabel Européen, dans la région bordelaise — pionnier de la vinothérapie et du luxe en harmonie avec la nature depuis plus de 20 ans — obtient 41/100, note D. Son engagement environnemental est authentique et profond. Mais son site web raconte une autre histoire.

Un Relais & Châteaux dans les Baux-de-Provence, emblème de l'art de vivre provençal et du circuit court, obtient seulement 12/100 — note F. Un 5 étoiles étoilé Michelin près d'Avignon descend à 7/100, note G.

Relais & Châteaux : le luxe responsable face à son reflet numérique

Notre étude inclut 8 Relais & Châteaux, dont plusieurs labellisés Clef Verte ou Écolabel Européen. Cette association, qui regroupe 580 hôtels et restaurants d'exception à travers le monde et dont le Manifeste présenté à l'UNESCO en 2014 prône le développement durable, fait face à un constat numérique préoccupant.

Un Relais & Châteaux 4 étoiles au cœur du Val de Loire, labellisé Clef Verte et niché face à l'un des plus célèbres châteaux de France, affiche un score EcoIndex qui ne reflète en rien ses engagements éco-responsables. Un Relais & Châteaux 5 étoiles dans un village médiéval emblématique de la Côte d'Azur, fraîchement labellisé Clef Verte 2026, présente le même décalage.

Ce n'est pas un problème individuel. C'est un problème systémique qui touche l'ensemble du réseau, y compris les membres les plus engagés dans la transition environnementale.

Éco-lodges et hébergements insolites : le paradoxe du « Slow Tourisme »

C'est dans cette catégorie que le décalage est le plus frappant — et le plus facile à démontrer. Ces établissements font de l'écologie leur raison d'être et leur argument de vente principal.

Un éco-lodge labellisé Clef Verte dans l'Oise, qui se présente comme un havre de « Slow Tourisme » et de déconnexion numérique, détient le record de notre étude : sa page d'accueil pèse 65 Mo, comporte 2 644 éléments DOM et génère 457 requêtes HTTP. Score : 5/100, note G — le minimum possible. Pour 1 000 visiteurs par mois, cette seule page consomme 43 litres d'eau et émet 2,9 kg de CO2. L'ironie est presque poétique : un lieu qui vend la déconnexion numérique possède l'un des sites les plus polluants du web hôtelier français.

Un éco-lodge d'inspiration japonaise dans la Baie de Somme, un éco-resort aux concepts insolites, des cabanes éco-conçues labellisées Écolabel Européen dans le Vaucluse — tous présentent des scores entre E et G. L'éco-conception physique de ces lieux (matériaux naturels, circuits courts, faible impact territorial) contraste violemment avec la lourdeur de leur vitrine numérique.

Thalassos et hôtels littoraux : la Bretagne et l'Atlantique sous-performent

Le littoral français, de la Bretagne au Pays Basque, concentre plusieurs établissements historiquement engagés dans la démarche environnementale. Nos résultats montrent que cet engagement ne s'est pas encore traduit numériquement.

Un centre de thalassothérapie labellisé Clef Verte dans le Morbihan obtient 9/100. Un hôtel thalasso certifié Écolabel depuis 2010 sur une île bretonne — qui affirme publiquement que « la notion de luxe n'a plus rien d'incompatible avec le respect de l'environnement » — obtient 10/100. Un grand hôtel d'un groupe hôtelier national sur la côte d'Émeraude, malgré de fortes politiques RSE affichées, descend à 8/100.

En Bretagne, un Relais & Châteaux certifié Écolabel Européen depuis 2014 sur la côte finistérienne obtient 41/100, ce qui en fait paradoxalement l'un des « meilleurs » scores du littoral — mais reste une note D.

Montagne et Alpes : l'énergie solaire ne suffit pas

Le secteur de la montagne, particulièrement en Savoie et Haute-Savoie, concentre des établissements qui mettent l'accent sur l'écoresponsabilité, l'énergie solaire et la gestion raisonnée de l'eau. Un refuge éco-luxe dans une station de ski savoyarde, qui investit dans l'énergie solaire et la gestion de l'eau, affiche une page d'accueil de 44 Mo et un score de 8/100, note G. Un hôtel de charme au bord du lac d'Annecy, avec une politique éco-responsable affichée, obtient 14/100, note F.

Ces établissements, souvent situés dans des environnements naturels exceptionnels, ont tout intérêt à aligner leur vitrine numérique sur la beauté et la fragilité des paysages qu'ils cherchent à protéger.

Paris et l'urbain : les pionniers à la traîne

La capitale concentre plusieurs pionniers du tourisme durable en milieu urbain. Le premier hôtel indépendant certifié Écolabel Européen à Paris, dans le 16e arrondissement, le premier hôtel parisien Clef Verte, un éco-lodge de luxe certifié Écolabel dans le 11e arrondissement, un hôtel pionnier combinant panneaux solaires et double certification Écolabel + Clef Verte dans le 14e — tous présentent des scores décevants.

Le cas de l'éco-lodge parisien est particulièrement parlant : un design figé dans les années 2010, une vidéo YouTube en fond de page d'accueil, des logos disposés sans cohérence visuelle. Pour un établissement qui facture des tarifs de luxe à une clientèle parisienne et internationale exigeante, la dissonance entre l'expérience promise et l'expérience numérique est frappante.

Un groupe hôtelier labellisé Clef Verte possédant trois établissements dans des villes de l'Ouest (Nantes, La Rochelle, Marseille) offre un cas d'étude intéressant : deux de ses trois sites obtiennent 5/100, note G, tandis que le troisième atteint 11/100. Une incohérence numérique interne qui témoigne d'une absence de stratégie web globale malgré une vraie démarche environnementale.

Un hôtel-refuge urbain labellisé Clef Verte en banlieue nord de Paris, positionné sur l'écologie et le design engagé, obtient 28/100 — un score qui progresse par rapport à la moyenne du panel mais reste en note E.

Campagne, vignobles et châteaux : l'agriculture bio s'arrête au numérique

Les domaines viticoles bio et les châteaux-hôtels investissent massivement dans l'agriculture biologique, les circuits courts et la préservation du patrimoine. Un domaine viticole bio 5 étoiles en Provence, un domaine hôtelier dans le Luberon pratiquant l'agriculture biologique — ces deux établissements n'ont même pas pu être mesurés via EcoIndex (blocage JavaScript) et obtiennent des notes F sur l'outil WebsiteCarbon.

Le premier hôtel de France certifié Écolabel Européen, un établissement historique dans un château de la Vienne, obtient 42/100 — le meilleur score de sa catégorie, mais toujours une note D. Un domaine labellisé Clef Verte en Catalogne, installé dans un ancien chai, affiche 14/100. Un domaine Clef Verte d'une collection hôtelière réputée en Île-de-France obtient 8/100.

La bastide d'un chef étoilé de renommée mondiale en Haute-Provence, dont le potager fait référence dans l'univers de la gastronomie durable, propose un site au score de 38/100 — accompagné de choix chromatiques (bleu et rose) qui nuisent à la lisibilité et ne reflètent pas le raffinement de l'expérience gastronomique sur place.